English Translation


Introduction
Le Livre de Michael est une Écriture de la religion mormone réformée. On peut trouver dans le chapitre 5 de ce Livre une meilleure intelligence du rôle que l'Écriture joue pour les mormons réformés, ainsi qu'une compréhension plus large du terme " Écriture", tel qu'il est utilisé par les mormons réformés.

La plupart des organisations religieuses ont des textes qui sont considérés comme sacrés ou spéciaux. Par exemple, la plupart des chrétiens considèrent la Sainte Bible comme une Écriture, et la plupart des musulmans considèrent de même le Noble Coran.

Le mormonisme, une religion fondée en Amérique en 1830, a toujours eu une définition plus large de l'Écriture que les chrétiens. Les Mormons orthodoxes de l'Église de Jésus Christ des saints des derniers jours (SDJ), dont le siège est à Salt Lake City (Utah, États-Unis), considèrent quatre livres comme Écritures : la Sainte Bible, le Livre de Mormon, Doctrine et Alliances, et la Perle de Grand Prix.

Le mormonisme réformé, qui représente une progression au-delà du mormonisme orthodoxe de l'Église SDJ, a une définition de l'Écriture encore plus large et dynamique que l'Église mormone orthodoxe, ou les conceptions chrétiennes. Si l'on suit cette définition, le Livre de Michael peut être considéré comme quelque chose de spécial.

Le Livre de Michael a pour but de fournir aux mormons réformés un surcroît d'assistance et d'étude. Il n'est pas achevé et il continuera sans doute à se développer pendant plusieurs années, tout comme les autres Écritures. Il ne prétend pas être infaillible, ni être la " Parole de Dieu " ; les mormons réformés n'acceptent pas la plupart des caractères absolus que l'on prête aux Écritures. C'est pourquoi la plupart des termes utilisés pour décrire ce que le monde considère comme Écriture historique ne s'appliquent tout simplement pas au Livre de Michael. Cependant, ceux qui ont une compréhension plus profonde des doctrines du mormonisme réformé comprendront que Dieu peut être rencontré dans ce Livre. On peut trouver une compréhension approfondie du rôle de l'Écriture dans la vie quotidienne moderne au chapitre 5.

Le chapitre 1 explique la nécessité de comprendre la nature de Dieu. Il parle de la différence qui existe entre notre existence et l'éternité, de la séparation entre ces deux sphères (le voile), et de la capacité de Dieu à traverser le voile. La foi se définit en relation avec notre compréhension du temps. Cela constitue un fondement important du mormonisme réformé : la dimension individuelle de la progression éternelle et de l'action créatrice.

Tous les chapitres restants sont construits les uns par rapport aux autres. Le chapitre 2 donne des détails supplémentaires sur la nature de l'existence. Les attributs de Dieu, le concept de progression à la fois dans le temps et dans l'éternité, et l'idée de séparation d'avec Dieu.

Le chapitre 3 examine la pensée qui se trouve derrière les commandements de Dieu et le fait que Dieu n'en ait pas besoin Lui-même, pas plus que de notre obéissance. L'idée d'autorité religieuse est examinée. La moralité est appréhendée d'une manière qui va bien au-delà d'un simple code sexuel. C'est un système de choix et de conséquences, qui fait partie de la progression.

Le chapitre 4 examine le concept de " vérité " et la notion de " seule Église vraie ". On y propose une compréhension plus claire du rôle des Églises.

Le chapitre 5 élargit notre compréhension de ce qui est Écriture et art, et aide à expliquer pourquoi ces médiums sont si importants pour nous, en même temps qu'ils sont mal utilisés (idolâtrie). Une telle approche fait de l'artiste un apprenti divin, tandis que l'Écriture est recadrée comme quelque chose de plus universellement disponible qu'on ne l'avait pensé auparavant.

Lisez le Livre de Michael, et observez vos pensées. Si vous sortez de cette lecture avec des questions, alors c'est gagné.

Chapitre 1
Comprendre le caractère de Dieu et le nôtre ; notre existence comparée à celle de l'éternité ; la foi en Dieu comme compréhension ultime de l'éternité ; la progression et le voile.
1. Il a été enseigné que, si nous ne comprenons pas le caractère de Dieu, nous ne pouvons pas nous comprendre nous mêmes.
2. Développer une compréhension complète du caractère et de la nature de Dieu n'est pas possible en cette vie. Notre existence ici-bas relève d'un dessein tel que nous ne puissions avoir cette compréhension complète.
3. L'idée que notre existence est le résultat d'un dessein laisse penser qu'une force l'a conçue. Ceci, non plus, ne peut être complètement connu dans notre existence.
4. Pour commencer à développer une compréhension du caractère de Dieu, nous devons commencer par développer une connaissance de notre existence.
5. Notre existence est faite de temps et d'espace. Le temps, tel que nous le connaissons, est mouvement à travers l'espace. Une année de temps est le mouvement que fait la Terre en une fois autour du soleil.
6. Notre existence actuelle nous oblige à prendre en compte un seul point dans le temps et dans l'espace que nous considérons être le présent, ou ce que nous appelons " maintenant ".
7. Nous n'avons pas de relation directe avec des points situés dans le passé, parce que nous ne pouvons pas revenir en arrière et en faire l'expérience directe ; nous pouvons seulement passer en revue des traces du passé.
8. Nous n'avons pas de relation directe avec des points situés dans le futur, parce que nous ne pouvons aller dans le futur, et en faire l'expérience directe ; nous pouvons seulement anticiper ou spéculer sur ce qu'ils pourraient être.
9. Nous pouvons faire beaucoup pour exercer une influence sur le futur en apprenant du passé ; c'est un schème que nous avons découvert. Apprendre du passé afin d'influencer le futur peut constituer l'une des raisons pour lesquelles nous faisons l'expérience du temps et de l'espace dans cette existence actuelle.
10. Pourquoi voulons-nous influencer le futur ? Si nous répondons que nous voulons améliorer notre situation et nous améliorer nous-mêmes, pourquoi cherchons-nous à faire cela ?
11. Toute amélioration que nous recherchons pour le futur se présente de la manière suivante : c'est lorsque nous atteignons un point particulier dans le futur que nous faisons l'expérience d'une condition meilleure ou supérieure. Nous ne pouvons faire l'expérience de cette amélioration que quand cette condition survient au présent.
12. Quand nous nous couchons la nuit, nous ne pouvons pas garantir complètement l'arrivée d'un jour nouveau. Nous ne pouvons pas prédire complètement le futur avec précision. Nous croyons qu'un jour nouveau va arriver à cause du schème dont nous avons fait l'expérience dans le passé.
13. Les schèmes dont nous avons l'expérience influencent nos croyances au sujet du futur. Quand nous nous couchons la nuit, nous croyons qu'un nouveau jour arrivera le lendemain matin.
14. La foi, ce n'est pas seulement croire en quelque chose que nous ne pouvons pas prédire ni garantir dans le futur, c'est aussi exercer notre pensée rationnelle basée sur les preuves ou les schèmes qui semblent exister dans le moment présent, et sur notre observation de ces schèmes dans les traces du passé.
15. Nous accomplissons des actions seulement dans le moment présent. Nous pensons, écrivons, bâtissons, concevons, aimons et détruisons seulement dans le présent. Nous ne pouvons accomplir de telles choses dans le passé ou le futur.
16. Nous pouvons, et nous devrions, observer ce que nous avons fait dans le passé. Nous pouvons, et nous devrions, considérer ce que nous pouvons faire dans le futur. Ces observations et ces considérations ne peuvent être effectuées que dans le présent.
17. La seule et plus importante action que nous accomplissons dans le présent est l'action de choisir. Chaque action que nous accomplissons dans le moment présent est le résultat d'un choix.
18. Nous pouvons choisir de consacrer le moment présent à revenir sur le passé. Nous pouvons choisir de consacrer le moment présent à anticiper le futur.
19. Nous pouvons choisir de consacrer le moment présent à des actions telles qu'écrire, bâtir, concevoir, aimer ou détruire.
20. Les choix que nous faisons constituent nos vies, puisque nos vies se composent des actions que nous accomplissons, suite à chaque choix que nous faisons. Il se peut que notre vie soit l'accumulation du passé dans le moment dont nous faisons actuellement l'expérience, ou bien il se peut que notre vie soit seulement le moment présent.
21. Toute foi est une anticipation du futur en tant que choix du présent. Quand vous croyez qu'il y aura un moment futur où vous ferez un choix particulier, vous manifestez votre conviction que le futur finira par arriver en tant que présent et que, à ce moment là, vous accomplirez une action particulière. Vous choisissez de passer le moment présent en anticipant cet événement futur. La foi, c'est choisir de consacrer le moment présent à faire des plans pour le futur.
22. La foi est une force créatrice.
23. La foi est un concept que nous pouvons comprendre parce qu'il renvoie à notre existence dans le temps et dans l'espace. Il est relié au présent et à notre anticipation d'un point situé dans le futur.
24. La foi est une force créatrice parce qu'elle galvanise l'action. La foi galvanise l'action parce qu'elle relie le présent au moment futur anticipé.
25. Plus grande est la distance dans le temps et dans l'espace entre le présent et le moment futur anticipé, plus grande est la foi nécessaire pour galvaniser l'action.
26. Il se peut qu'il y ait une grande variété d'existences au-delà des limites du temps et de l'espace. Une des conditions de notre propre existence, c'est que nous ne semblons pas capables d'identifier d'autres existences, quoique nous puissions spéculer à leur sujet.
27. Le fait que nous soyons capables de spéculer au sujet des existences autres que la nôtre indique que nous pouvons examiner des schèmes hérités du passé en développant à leur sujet des croyances rationnelles.
28. L'une de ces spéculations, c'est qu'un être qui a conçu le dessein de notre existence actuelle existe dans un état au-delà des contraintes de temps et d'espace. Ceci est fondé sur l'idée que, pour concevoir quelque chose, on doit en avoir la maîtrise.
29. On donne le nom de Dieu à l'être auquel on attribue ce dessein et cette construction, mais le dessein lui-même semble indiquer que nous pouvons seulement croire qu'il en est ainsi, sans que nous puissions en avoir la connaissance. Connaître ce qu'il en est exigerait que nous existions en dehors du temps et de l'espace, et cela semblerait mettre en échec toute la raison d'être de ce dessein et de cette construction.
30. Avoir foi en Dieu, ou croire en Dieu, c'est croire que, à un moment du futur, vous recevrez une explication qui ne peut être actuellement reçue dans les conditions de temps et d'espace.
31. Sur la nature de l'existence de Dieu, il y a une idée selon laquelle celle-ci se situe dans un continuum appelé éternité. Nous ne savons pas comment définir exactement l'éternité sinon pour dire que ce n'est pas le temps tel que nous le comprenons.
32. Le temps tel que nous le comprenons est un mouvement à travers l'espace. L'éternité est quelque chose d'autre que le mouvement à travers l'espace, ou bien elle comporte des aspects qui en font quelque chose de différent.
33. Un aspect de l'éternité, c'est que celle-ci n'a ni commencement, ni fin, qu'elle a toujours existé et existera toujours. Le mouvement à travers l'espace, que nous comprenons être le temps, se caractérise comme une suite de commencements et de fins. L'éternité n'a pas de telles bornes.
34. Nous pensons à l'éternité comme à quelque chose dont nous pouvons potentiellement faire l'expérience une fois que nous quittons notre existence spatio-temporelle. Nous nous la représentons de cette manière parce que nos schèmes du passé suggèrent que le temps et l'espace progressent par séries successives ; si nous ne reconnaissons pas l'expérience de l'éternité dans le moment présent, et qu'il ne nous semble pas que nous ayons des traces de celle-ci dans le passé, et si nous avons l'impression qu'elle peut exister malgré tout, nous pensons que ce doit être quelque chose qui arrive dans le futur.
35. Quand nous pensons que l'éternité est quelque chose qui arrivera dans le futur (par exemple, après cette existence-ci, ou après notre mort), nous commettons un contre-sens sur la nature de l'éternité. L'éternité ne peut pas arriver, puisqu'elle est déjà là. L'éternité existe dans le passé, le présent et le futur de façon simultanée. Si ce n'est pas le cas, ce n'est pas l'éternité.
36. Le voile est notre incapacité à reconnaître l'éternité (telle qu'elle existe dans le moment présent).
37. On peut penser le voile comme la séparation entre le temps (mouvement à travers l'espace) et l'état éternel de l'existence.
38. L'éternité existe dans le passé, le présent et le futur. Si nous continuons à penser à l'éternité comme à quelque chose qui arrivera dans le futur, nous choisissons de remettre à plus tard la compréhension de cette existence. Il est possible que la reconnaissance de l'éternité dans le présent soit un des objectifs de la vie.
39. Afin de reconnaître l'éternité dans le présent, nous devons nous confronter au voile.
40. Une des qualités de Dieu est sa capacité à traverser le voile à volonté. Le fait d'arriver à concevoir une telle chose indique que nous pouvons sans doute acquérir cette faculté.
41. D'un côté du voile, il y a l'éternité, de l'autre, le temps et l'espace. Quand Dieu traverse le voile en direction du temps et de l'espace, son apparence et son pouvoir de conception sont objectivés. Quand Dieu traverse le voile en direction de l'éternité, son apparence est spirituelle.
42. Quand nous avons affaire au temps et à l'espace, notre apparence et notre pouvoir de conception sont objectivés. Quand nous avons affaire à l'éternité, notre apparence et notre pouvoir de conception sont spirituels.
43. Quand nous traitons de questions spirituelles, nous sommes confrontés au voile. Nous essayons de comprendre les aspects de l'éternité.
44. Quand nous parlons de progression, nous faisons référence au temps et à l'espace, puisque progression indique progrès d'un point précis à un autre dans le temps. Ce type de progression ne peut se produire dans l'éternité, puisque, dans l'éternité, tous les moments du temps existent de façon simultanée.
45. S'il y a perfectionnement dans l'éternité, cela doit prendre une forme très différente de notre concept de progression. Ce sont des choses que nous ne comprenons pas encore.
Chapitre 2
Dieu et omniscience, omnipotence, et omniprésence ; l’existence de Dieu à la fois dans le temps et l’éternité ; la progression n’est compréhensible que dans l’espace-temps ; nous ne sommes pas séparés de Dieu.
1. Notre compréhension des qualités de Dieu nous aide à comprendre nos propres qualités. Il a été enseigné que nous devons apprendre à devenir des dieux nous-mêmes : pour ce faire, nous devons découvrir les aspects de Dieu que nous pouvons imiter et développer nous-mêmes.
2. La compréhension que nous acquérons de nous-mêmes, ainsi que nos efforts pour imiter les qualités qui nous rendent meilleurs, sont, ensemble, porteurs de valeurs.
3. Il a été enseigné que Dieu est omniscient (connaissant tout), omnipotent (tout puissant) et omniprésent (présent partout).
4. Dans ces enseignements, l'utilisation du mot " tout " a pour but de transmettre le sens de la relativité à notre manière de comprendre la connaissance, la puissance et la présence.
5. Dans l'existence spatio-temporelle (où le temps est mouvement à travers l'espace), nous considérons la connaissance comme quelque chose que l'on peut obtenir, ce qui laisse entendre qu'il existe plus de connaissance que celle que nous possédons actuellement, et que, dans l'avenir, si tel est notre choix, nous pourrions en rechercher et en obtenir davantage.
6. L'éternité, telle qu'elle existe simultanément en tout temps, devrait simultanément avoir accès à toute connaissance. Si Dieu peut traverser le voile à volonté, alors, dans un état éternel, il devrait posséder toute connaissance (ce que nous entendons, nous, par connaissance), et, dans les conditions de temps et d'espace, Dieu devrait faire l'expérience de la connaissance par la progression.
7. S'il existe une méthode de perfectionnement dans l'éternité, nous ne sommes pas encore capables de l'appréhender.
8. Puisque Dieu peut exister des deux côtés du voile, nous pouvons comprendre, en conséquence, que Dieu puisse avoir une connaissance complète quand il s'agit de sa maîtrise de l'état éternel et avancer en progressant quand il s'agit de sa maîtrise du temps et de l'espace. Cette situation reflète la nôtre.
9. L'accès à toute connaissance que Dieu détient à travers la maîtrise de l'état éternel est ce qui confère à Dieu toute puissance. La capacité de Dieu à traverser le voile à volonté donne à Dieu la capacité de manifester, dans le temps et l'espace, la puissance obtenue dans l'état éternel. Quand nous sommes capables de traverser le voile à volonté, nous pouvons aussi avoir part à cette puissance.
10. Quand il est dans l'état éternel, Dieu est partout présent parce que l'éternité n'est pas limitée par le temps et/ou par l'espace comme nous l'entendons. Nous ne pouvons comprendre ce concept que dans le moment présent. Si nous pouvions percer le voile - ce qui n'est possible que dans le moment présent, mais qui est théoriquement possible à n'importe quel moment du passé ou du futur, dans n'importe quel endroit - nous découvririons l'éternité. Dans cet état, Dieu est présent partout, en tous lieux, en tout temps.
11. Quand Dieu traverse le voile et existe dans le temps et l'espace, la part objectivée de Dieu devient physique. Cette objectivation de Dieu existe alors dans le temps et l'espace, et elle revêt les apparences de la limitation (parce que c'est une objectivation, nécessaire pour exister dans le temps et l'espace).
12. Dieu ne perd pas sa nature éternelle en traversant le voile. Dieu peut ainsi exister à la fois dans le temps et l'espace, et dans l'éternité, simultanément.
13. Nous aussi, nous existons à la fois dans le temps et l'espace et l'éternité simultanément.
14. Il y a une part de nous-mêmes qui est objectivation physique, destinée à fonctionner dans le temps et l'espace. Il y a une part de nous-mêmes qui est éternelle, destinée à exister dans l'éternité.
15. Nous sommes formés à l'image de Dieu, en ceci que Dieu existe sous une forme physique, objectivée, pour tel objectif, et sous une forme éternelle, pour tel objectif.
16. Nous avons l'impression que la part objectivée de nous-mêmes nous est familière parce que nous pouvons la ressentir avec nos sens, et que nous avons les moyens de revoir ce que nous étions physiquement dans le passé et de nous occuper de notre condition physique. Cependant nous découvrons régulièrement qu'il y a encore beaucoup de choses que nous ne connaissons pas encore. Pour en apprendre davantage, nous avons besoin de vérifier nos hypothèses sur les objets.
17. Nous avons des niveaux variables de confiance dans notre compréhension de ce qui est éternel, car ce dernier est perçu d'une manière qui est étrangère à une exploration rationnelle. L'aspiration que ressent l'humanité à découvrir une plus grande connaissance à cet égard prouve à quel point nous avons l'impression que nous ne comprenons pas encore l'éternité. Pour en apprendre plus sur les différents aspects de l'éternité nous devons nous confronter au voile.
18. Il semble peu probable que la confrontation avec le voile ait pour résultat de le percer. Cependant, chaque confrontation avec le voile débouche sur une expérience de celui-ci qui se développe, avec le temps, en un schème, un modèle, répétitif. Un tel schème, si on le suit, fournit une base rationnelle à la croyance en un point futur du temps où l'éternité sera comprise.
19. La rencontre avec le voile s'opère en nous-mêmes. L'éternité, sous la forme que nous pouvons le plus facilement commencer à comprendre, réside en nous-mêmes.
20. Il a été enseigné que nous sommes dans un état de séparation d'avec Dieu.
21. Certaines objectivations de Dieu laissent penser que Dieu a des limitations physiques. Attribuer des limitations physiques à Dieu semble contradictoire avec l'enseignement selon lequel Dieu est omniprésent. Si l'on accepte l'idée que Dieu peut traverser le voile à volonté et peut, par conséquent, exister dans un état objectivé d'un côté du voile, et dans un état éternel de l'autre, attribuer dans ces conditions des limitations physiques à Dieu est à courte vue.
22. Dieu, dans l'état éternel, est partout présent.
23. Parce qu'il y a une part en nous qui est éternelle, Dieu est présent dans cette part de nous-mêmes.
24. Nous pouvons considérer que nous sommes physiquement distincts de telle manifestation spatio-temporelle de Dieu, mais nous ne pouvons pas considérer que nous sommes séparés de Dieu, puisque Dieu est omniprésent, et qu'on peut, par conséquent, le trouver dans cette part en nous qui est éternelle.
25. Le sentiment que nous sommes physiquement séparés de Dieu est un effet du voile ; il est illusoire. Si toutes choses existent à la fois dans le temps et dans l'espace, et dans un état éternel, Dieu est présent en toutes choses, y compris celles qui sont dans le temps et l'espace, puisque ce qui est éternel doit englober le temps et l'espace.
26. Si Dieu est présent en toutes choses, nous pouvons montrer notre respect de Dieu par la manière dont nous respectons les choses.
27. Il a été enseigné que nous retournons à Dieu quand nous mourons.
28. Nous ne sommes pas séparés de Dieu. Nous ne savons pas ce qu'est notre existence après cette vie-ci, bien que nous puissions développer une compréhension de l'éternité en ôtant le voile. Mais notre capacité à interagir avec Dieu ne dépend pas de notre capacité à traverser le voile.
29 La relation avec Dieu est une relation à l’intérieur de nous-mêmes. La relation avec une manifestation objectivée de Dieu peut être utile. De plus grande utilité est la relation avec Dieu dans son état éternel. Pour établir une relation avec Dieu dans son état éternel, le point le plus accessible est à l’intérieur de nous-mêmes.
Chapitre 3
La notion fallacieuse qui fait dépendre la relation avec Dieu de l'obéissance ; les commandements et leur origine ; Dieu n'a aucun besoin ; le caractère fallacieux des jugements et des récompenses ; il faut étudier la question de la moralité, les choix et leurs conséquences ; la puissance de Dieu réside en toutes les personnes.
1. Il a été enseigné que tout le monde doit obéir à Dieu ; que, pour établir une relation à Dieu dans un état futur, tout le monde doit satisfaire aux obligations que Dieu a établies.
2. Vous avez un accès immédiat à Dieu au-dedans de vous à n'importe quel moment de cette existence. Dans notre prochaine existence, nous pourrons comprendre la nature de l'éternité de façon plus complète, mais l'accès à Dieu ne sera pas différent de ce qu'il est dans cette existence-ci.
3. Quand vous serez dans un état éternel, croyez-vous que vous allez rendre visite à Dieu comme vous vous l'imaginez dans votre condition spatio-temporelle ? Pour quelle raison est-ce que Dieu préfèrerait exister sous la forme d'une objectivation spatio-temporelle particulière ? Et cela alors que Dieu aurait le choix d'exister dans un état éternel, celui dans lequel vous avez accès à sa Personne directement, plutôt que par proximité physique ?
4. Nous avons actuellement un accès complet à Dieu. Dans la prochaine existence, notre relation à Dieu ne sera pas différente de façon significative. Ce que nous apprenons dans cette vie au sujet de la relation à Dieu nous servira dans la prochaine.
5. Si l'on veut croire que Dieu attend des gens qu'ils obéissent à des commandements, on doit comprendre pourquoi Dieu devrait chercher à établir des commandements. Il est facile de comprendre pourquoi des personnes voudraient que d'autres obéissent à des commandements, et il est facile, par conséquent, de comprendre pourquoi des gens pourraient imputer à Dieu l'idée de commandements.
6. Les commandements nous viennent toujours d'autres personnes. Méfiez vous de leurs intentions, tant il est vrai que de nombreux problèmes dans l'histoire du monde ont été provoqués par ceux qui se réclamaient de l'autorité de Dieu, en convainquaient d'autres, et ensuite en conduisaient encore d'autres à des actes destructeurs de nature à entraver leur progression.
7. Dieu existe au-dedans de vous, et vous avez une connexion avec Dieu aussi directe que n'importe qui d'autre.
8. Dans quel but est-ce que Dieu vous donnerait des ordres ? Ceux qui donnent des ordres aux autres le font pour leur plaisir, ou pour répondre à leur besoin. Pensez-vous que Dieu vous donnerait des ordres pour le plaisir ou par besoin ?
9. Dieu Éternel est partout présent, détient toute connaissance, et est, en conséquence, tout puissant. De quoi est-ce qu'un tel être aurait besoin ? Comment votre obéissance pourrait-elle modifier l'état de Dieu qui est de tout avoir ?
10. Il est difficile de suggérer un seul objet dont Dieu aurait besoin, puisque l'omniprésence, l'omnipotence et l'omniscience de Dieu suggèrent que tous ses besoins sont satisfaits.
11. Dieu n'a aucun besoin.
12. Dans notre état éternel, nous n'avons aucun besoin. Le concept de besoin fait partie de l'existence spatio-temporelle.
13. Nous sommes parfaitement satisfaits quand nous ne concentrons pas notre attention sur notre état physique. Nous sommes particulièrement satisfaits quand nous sommes éternellement en paix avec cette part de nous-mêmes qui est éternelle.
14. Être confrontés au voile, ou explorer cet aspect de notre moi éternel qui n'a aucun besoin, procure souvent paix et satisfaction.
15. Quand nous concentrons notre attention sur nos besoins, nous concentrons notre attention sur notre existence spatio-temporelle. Quand nous concentrons notre attention sur cette part de nous-mêmes qui est éternelle et qui fait un avec Dieu, nos besoins se dissipent complètement.
16. Quand des personnes proclament un commandement comme s'il avait été donné par Dieu, elles projettent sur une objectivation de Dieu leurs propres désirs de contrôler les autres.
17. Ce dont les gens ressentent le besoin est projeté sur Dieu.
18. Si Dieu possède déjà toutes choses, toute connaissance, et est présent partout, qu'est-ce que Dieu pourrait avoir à gagner en demandant aux gens des actions particulières ?
19. Il a été enseigné que les gens doivent obéir à Dieu, que Dieu a donné des commandements aux êtres humains. Cela n'est pas vrai. Dieu n'a aucun besoin que nous obéissions à des commandements. Cet enseignement vient des gens, non de Dieu. Cela sert les intérêts de certaines personnes, et de celles qui choisissent de se laisser diriger par elles. Ce n'est d'aucune utilité pour un être qui possède déjà tout.
20. Il a été enseigné que pour établir une relation à Dieu dans un état futur, nous devons réussir certaines choses. Cela n'est pas vrai. Dieu n'a aucun besoin de notre réussite. Cet enseignement vient des gens, non de Dieu. Cela sert les intérêts de certaines personnes, et de celles qui choisissent de se laisser diriger par elles.
21. Croire que nous aurons accès à Dieu en fonction de notre conformité à des règles fixées par d'autres dans cette existence-ci, et agir en conformité avec ces règles, c'est s'engager dans un jeu tortueux.
22. Il a été enseigné que tous les êtres humains sont dans un état de chute ou qu'ils seront punis pour leurs péchés et leurs transgressions.
23. L'idée que les êtres humains sont dans un tel état de chute est un jeu. Ceux qui choisissent de participer à ce jeu peuvent en tirer beaucoup d'enseignements ; cependant, cela n'est pas nécessaire, et ce n'est qu'un jeu.
24. L'idée que vous retournerez à Dieu après cette vie, en fonction d'une performance dans un jeu, requiert de votre part que vous croyiez que vous êtes actuellement séparés de Dieu. Cela est facile à croire à cause du voile.
Votre performance dans un jeu ne changera pas cela. Vous ne pouvez changer le fait qu'une partie de vous est éternelle
25. En fait, vous n'êtes pas séparé de Dieu. Votre performance dans un jeu n'y changera rien. Vous ne pouvez pas changer le fait qu'une partie de vous est éternelle et que, par conséquent, elle n'est pas séparée de Dieu.
26. Dieu est omniprésent, et il est, par conséquent, présent partout. Dieu est présent en vous, car vous êtes une partie de ce tout. Vous ne pouvez donc être séparé de Dieu.
27. Nous ne pouvons pas être plus près de Dieu que quand nous sommes confrontés intérieurement au voile et que nous cherchons à établir une relation avec notre Dieu intérieur.
28. Le Dieu imaginé comme un être objectivé extérieur à vous dans le temps et dans l'espace est beaucoup plus éloigné de vous que le Dieu intérieur. Parce que vous pouvez voir et entendre des expressions de cette objectivation, il peut sembler plus simple d'établir une relation avec elle dans cette existence, mais c'est au prix de la perte de la proximité.
29. Si vous voulez avancer dans votre progression, comprenez les différences qu'il y a entre choisir une relation avec des objectivations physiques de Dieu et choisir une relation avec Dieu au-dedans de nous. Les deux sont utiles, si l'on en comprend bien la signification.
30. Il a été enseigné que vous serez jugés dans votre prochaine vie et que vous serez répartis entre deux royaumes qui correspondent aux récompenses ou aux châtiments.
31. Récompenses, châtiments et royaumes constituent un système conçu par des êtres humains dans l'intérêt d'autres êtres humains. Ils n'existent effectivement que dans notre existence spatio-temporelle. Récompenses et châtiments perdent leur signification quand on les considère dans l'existence éternelle.
32. Dieu n'est pas là pour vous juger ni vous récompenser, ni vous condamner, parce que Dieu n'est pas là pour se juger, ni se récompenser, ni se condamner. Vous n'êtes pas séparés de Dieu.
33. Il a été enseigné que si Dieu n'était pas là pour nous juger, les gens se conduiraient de façon immorale. Pourtant les gens se conduisent de façon immorale en dépit de la croyance que Dieu est là pour les juger.
34. Les gens se conduisent de façon immorale lorsqu'ils vont à l'encontre du Dieu intérieur. Les règles morales sont des formes de compréhension personnelle de la conduite que l'on adopte quand on progresse. Nous jugeons de notre propre moralité sur la base de nos actions comparées à la compréhension que nous en avons. Ce jugement a lieu de façon instantanée plutôt qu'après coup.
35. Apprendre à juger par nous-mêmes est un acte important dans notre progression. Certaines personnes ont choisi de ne pas aller plus loin dans cette direction en choisissant de croire que le jugement est différé. Dans l'état éternel, le jugement ne peut exister de la manière que nous connaissons, et dans l'état spatio-temporel, le jugement ne peut avoir lieu que dans le temps présent. Si nous devons apprendre comment progresser, il nous faut considérer le jugement comme un événement immédiat.
36. Il a été enseigné que nous devons prendre un œil pour un œil. Il a aussi été enseigné que nous devons pardonner. Afin de progresser, nous devons apprendre à choisir l'action la meilleure selon la circonstance.
37. Quand nous faisons un choix, nous devons accepter les résultats de notre choix. C'est le prix payé pour la liberté de choisir. Le résultat d'un choix est une conséquence. Afin de progresser, nous devons comprendre que les conséquences suivront nos choix et que nous devons accepter la responsabilité de ces conséquences.
38. Aux embranchements sur la route, pour chaque choix que nous faisons, une série différente de conséquences potentielles peut se développer selon que nous suivons tel ou tel chemin. Quand nous choisissons un chemin particulier, nous devons le faire en sachant que nous aurons à faire face aux conséquences qui en résulteront.
39. Le choix de prendre un chemin particulier doit être fait, non pas en connaissant toutes les conséquences susceptibles de se produire, mais en sachant que les conséquences qui surgissent se produisent à cause de notre choix de suivre un chemin particulier au lieu d'un autre. De cette manière, nous acceptons la responsabilité des conséquences de nos choix.
40. Quand nous acceptons la responsabilité de nos choix, les conséquences auxquelles nous sommes confrontés nous offrent des choix et des connaissances supplémentaires. Quand nous n'acceptons pas la responsabilité de nos choix, il nous est moins facile de faire de meilleurs choix, et nous accédons à moins de connaissance.
41. Pour progresser, nous devons, à la fois, faire des choix et accepter la responsabilité de ces choix. Au fur et à mesure de notre progression, nous devons tirer les leçons des conséquences qui en résultent et faire de meilleurs choix.
42. Il a été enseigné que certaines personnes détiennent la puissance de Dieu.
43. La puissance de Dieu est la foi. La foi est la force motrice de toute action.
44. Dieu réside en toutes les personnes, parce que personne n'est séparé de Dieu. Parce que Dieu est partout présent. Dieu est au-dedans de chacun d'entre nous.
45. La puissance de Dieu est la puissance de Dieu au-dedans de nous. Cette puissance se manifeste comme une force créatrice quand vous l'exercez. À chaque fois que vous faites un choix, vous exercez quelque chose de cette force, car, à l'intérieur de chaque choix, il y a le potentiel pour une action créatrice.
46. Afin que vous fassiez le choix d'une action créatrice, vous devez d'abord avoir foi que votre action aura un effet. C'est cela la foi.
47. Tout le monde possède la capacité d'exercer cette puissance créatrice.
48. Il a été enseigné que Dieu a donné cette puissance à certaines personnes et pas à d'autres.
49. Par quel moyen, et dans quel but, Dieu pourrait vouloir retirer à chaque personne cette capacité créatrice de telle sorte que certaines personnes seulement la conservent.
50. Cette puissance donne l'occasion à chaque individu de progresser. Elle existe en chacun d'entre nous, qu'on la reconnaisse ou l'invoque ou non. Vous en faites la démonstration chaque fois que vous faites un choix.
51. Ceux qui prétendent faire des choix au nom de Dieu le font de leur propre chef. Chacun est libre de choisir de soutenir une telle prétention, car Dieu n'est séparé de personne, et vos actions créatrices ont la sanction divine comme n'importe quelle autre. Choisir de prétendre que nos actions ont la sanction divine est simplement une autre action créatrice.
52. Que des millions de personnes admettent que les choix de certains ont reçu l'autorisation ou la sanction divine, ne saurait invalider le fait que le choix singulier fait par un être qui ne bénéficie pas d'une telle reconnaissance est, en fin de compte, aussi créateur ou porteur de puissance.
53. Les gens qui veulent exercer la puissance de Dieu ont seulement besoin de se tourner en eux-mêmes pour découvrir et utiliser cette puissance. Cette puissance est démontrée à chaque fois qu'un choix est effectué. Elle est renforcée quand la personne accepte la responsabilité de ses choix et qu'elle apprend comment faire de meilleurs choix.
54. On a dit que, pour exercer la puissance de Dieu, on doit être ordonné.
55. Dans quel but Dieu pourrait vouloir restreindre l'usage de cette puissance intérieure qui est déjà présente en chaque personne ?
56. Dieu a déjà procuré la puissance créatrice à l'intérieur de chaque personne indépendamment de ce qu'elle peut prétendre.
57. Les gens utilisent des rituels pour explorer et ajuster leur compréhension de Dieu, mais ils utilisent aussi des rituels pour influencer les autres. L'enseignement selon lequel Dieu a restreint l'usage de cette puissance, qui est déjà déposée à l'intérieur de chaque être, au moyen d'un rituel est un enseignement que des personnes utilisent pour exercer une influence sur nous. De tels enseignements favorisent la progression de certains et y mettent un frein chez d'autres.
58. Le rituel de l'ordination est utile pour aider un groupe de personnes à comprendre le sens d'un titre ou d'une fonction reconnus à l'intérieur du groupe, mais la puissance divine ne peut être donnée, retirée ni transférée de cette manière.
59. La puissance de Dieu existe en chaque personne par un dessein divin et elle ne peut être donnée, retirée ni transférée.
60. Il a été enseigné que, à moins d'y avoir été dûment autorisé, on ne peut faire usage de la puissance de Dieu. Il a été enseigné que les femmes ne sont pas autorisées à faire usage de cette puissance.
61. La puissance de Dieu réside à l'intérieur de toutes les personnes, hommes et femmes. On ne peut pas retirer cette puissance aux femmes. On peut seulement exercer sur elles une influence qui les pousse à faire des choix qui ne leur permettent pas de développer leur usage de cette puissance.
62. Si une femme choisit de faire usage de cette puissance, cette dernière devient évidente.
63. Nombre de femmes ont choisi de ne pas exercer cette puissance. Les conséquences de ce choix peuvent impliquer une limitation de leur progression dans certains aspects où l'usage de cette puissance est utile.
64. De nombreuses personnes choisissent de ne pas faire usage de cette puissance. Les conséquences de ce choix se traduisent habituellement par un déficit d'expérience et de connaissance.
65. Toute personne qui choisit de ne pas exercer cette puissance doit accepter les conséquences de ce choix.
66. Les femmes sont aussi libres que les hommes d'exercer cette puissance. Tout individu a ce choix. Dans le choix lui-même se trouve la puissance de Dieu. Tournez vous au-dedans de vous-même pour faire ce choix.
67. Il a été enseigné que seuls ceux qui en sont dignes peuvent exercer la puissance de Dieu.
68. Ce qualificatif est une appréciation donnée par des certaines personnes. Laisser entendre que Dieu applique ce qualificatif pour apprécier la valeur des personnes laisse penser que Dieu apprécierait certaines personnes plus que d'autres.
69. Dieu n'apprécie pas certaines personnes plus que d'autres.
70. Parce que Dieu n'apprécie pas certaines personnes plus que d'autres, sa puissance créatrice a été donnée à tous. Le choix de faire usage de cette puissance est la puissance même. Le fait que vous ayez le choix est la preuve que cette puissance est au-dedans de vous.
71. Dieu ne vous retire pas la puissance sur la base d'une évaluation ou du résultat des choix que vous avez faits. Il peut vous sembler, à certains moments, que vous n'avez pas cette puissance, mais l'idée que vous ne l'avez pas, ou qu'elle vous a quitté, est une illusion.
72. Dieu ne vous retirera pas cette puissance, ou ce choix, parce que Dieu est partout présent. Pour vous retirer cette puissance, Dieu devrait se retirer de vous. Dieu ne se retire de nulle part, parce que sa Personne est omniprésente. Dieu ne se retire pas de soi-même.
73. Dieu sera toujours avec vous. Vous aurez toujours le choix.
Chapitre 4
L’Un comme totalité ou limitation ; toute vérité est le fruit d’une observation dans le moment présent ; toute vérité est une partie d’une vérité plus large ; les Églises servent à favoriser la progression.
1. Il a été enseigné qu'il y a une seule Église vraie. Les mots sont corrects, mais leur combinaison, et la manière de les interpréter et de les appliquer, sont rarement corrects.
2. Le mot " une ", quand on fait référence à quelque chose de particulier, doit, soit inclure toutes choses, soit signaler une fraction plus petite qui exclut le reste. " Une " ne peut pas renvoyer à autre chose qu'à ces deux options.
3. Quand " une " renvoie à la totalité, il a le sens d'unité. Quand " une " ne renvoie pas à la totalité, il exclut une partie de cette totalité, ce qui implique une limitation.
4. Quand nous utilisons le mot " une ", nous devons indiquer dans quelle intention nous souhaitons en faire usage. Si notre intention est d'indiquer une limitation, nous devons la spécifier afin qu'on nous comprenne bien.
5. Le mot " vrai " pour indiquer l'état des choses, est une observation faite au présent et susceptible de changer. On ne peut observer ce qui est vrai en se plaçant dans le passé ou dans le futur. On ne peut le faire qu'au moment présent.
6. Ce qui était vrai dans le passé peut ne plus l'être dans le présent. Notre observation de ce qui était vrai est appelée à changer parce que la nature de notre existence est d'apprendre. Quand nous apprenons du nouveau, nos observations sur le passé changent.
7. Nous considérons toujours comme vraies les observations que nous faisons dans le moment présent sur l'état des choses.
8. Dans le futur, il se peut que nous ayons des informations qui fassent apparaître nos observations actuelles comme n'étant pas vraies. C'est là le processus normal de l'acquisition de la connaissance.
9. Ce qui est vrai, par conséquent, c'est une estimation de l'état des choses telles qu'elles existent dans le moment présent.
10. Il a été enseigné que Dieu a reconnu une seule Église comme vraie.
11. Si nous prenons l'usage de l'expression " une seule " pour désigner la totalité, alors on doit comprendre que la chose que l'on dit vraie provient des jugements individuels des personnes dans le présent. Si nous prenons l'emploi de l'expression " une seule " pour signifier une limitation, alors on doit comprendre que la chose que l'on dit vraie provient du jugement discriminant de personnes qui mettent l'accent sur la limitation opposée à tout le reste.
12. Aucune observation singulière qualifiée de vraie ne peut être contestée si nous acceptons ce fait que la vérité de chacun résulte d'un choix individuel lié à une observation présente.
13. Si la totalité signifiée par l'expression " une seule " est vraie, ses composantes sont également vraies. Les composantes d'une vérité plus large sont, elles aussi, vraies.
14. Les Églises, qui, par nature, existent comme des organisations exclusives, sont vraies, puisqu'elles représentent une partie d'une vérité plus large. Les parties qu'elles excluent sont aussi vraies que les parties qu'elles incluent, puisque les unes et les autres sont des parties d'une vérité plus large. La délimitation d'une partie par rapport à une autre ne peut pas réduire ou augmenter le caractère vrai de ce qui, déjà, est vrai.
15. Toutes les Églises sont vraies, parce que toutes les Églises réunies composent la vérité plus large.
16. Il a été enseigné que, si l'on veut recevoir la faveur ou l'approbation de Dieu, on doit croire uniquement en une organisation exclusive particulière.
17. Dans quel but Dieu pourrait vouloir se diviser soi-même et exclure le vrai de certaines parties de son existence ? Dans quel but Dieu pourrait vouloir donner son approbation à une seule partie de la vérité ? Il est facile de comprendre pour quelles raisons des hommes pourraient prétendre qu'une Église est plus vraie qu'une autre, mais Dieu n'aurait aucune raison de faire cela, car Dieu, qui est en toutes choses, est présent dans toutes les Églises.
18. Il est possible de faire l'expérience des vérités dans chacune des Églises existantes. Il n'y a aucune exclusivité en matière de vérité.
19. Notre existence dans les conditions de temps et d'espace explique l'existence de plusieurs Églises. Le rôle d'une Église est d'aider les individus dans leur progression. Il y a une grande variété d'Églises parce que les personnes sont à des niveaux très variables de progression.
20. Les Églises ne jouent aucun rôle dans un état éternel d'existence. La progression est un attribut de l'existence dans les conditions de temps et d'espace. Les Églises existent seulement pour faciliter notre progression dans cet état là; elles n'ont aucune action dans l'état éternel.
21. Un seul individu a plus d'importance et de pouvoir qu'une Église entière. Il en est ainsi parce qu'une part de l'individu est à la fois sujette à la progression dans le temps et l'espace, et à l'existence dans l'état éternel. Les Églises, elles, n'existent pas éternellement, et ne le peuvent pas.
22. Il a été enseigné que, à moins d'appartenir à la seule Église vraie, vous ne pouvez retourner à Dieu.
23. Mais je vous le dis, vous retournerez à Dieu quelle que soit l'Église à laquelle vous appartenez. Vous devriez appartenir à toute Église qui facilite votre progression. Vous pouvez appartenir à toutes les Églises. C'est là l'Église vraie.
Chapitre 5
L’Écriture en tant qu’art; l’art comme ressemblance de la création ; la question de l’idolâtrie examinée ; toute Écriture a de la valeur.

1. Il a été enseigné que les Écritures sont la Parole de Dieu.
2. Toute Écriture est rédigée par des personnes. L'Écriture est un art.
3. L'art est une création qui a une signification plus grande que la somme de ses composants matériels.
4. L'acte de création artistique implique une décision créatrice ; la décision créatrice, c'est la foi.
5. L'artiste croit que, en faisant le choix d'organiser la matière au présent, il arrivera un moment dans l'avenir où d'autres personnes pourront percevoir en elles-mêmes les efforts de son travail comme quelque chose de plus puissant que l'organisation initiale donnée à la matière.
6. La foi en la venue de ce moment futur où l'organisation de la matière imprimée par l'artiste pourra être comprise au présent est la force dynamisante qui suscite des décisions créatrices.
7. La foi en un moment futur où un monde deviendrait réalité est la force dynamisante avec laquelle Dieu a organisé cette existence.
8. Quand des personnes s'engagent dans une création artistique, elles organisent une matière qui existait déjà, mais il en résulte la création de quelque chose qui n'existait pas.
9. Ce morceau d'art qui est véritablement créé plutôt qu'organisé, mais qui est le résultat de l'œuvre d'organisation de l'artiste, est une image du voile ; il offre une perception de ce qui est éternel.
10. Les êtres humains progressent à des rythmes différents. Tous les êtres sont dans des états différents de progression. Il n'y a pas deux personnes qui soient exactement au même niveau de progression.
11. Des personnes différentes, sur la base de leur niveau de progression, interprètent différemment cette part de l'art qui est plus que la somme de ses composants matériels - la part qui reflète ce qui est éternel. C'est pourquoi une forme d'art aura un effet d'attraction, ou sera comprise, ou fournira une représentation du voile pour certaines personnes, tandis que, dans le même temps, elle n'apparaîtra à d'autres comme guère plus qu'une simple organisation de la matière.
12. Dieu est présent en tout art, comme en toutes choses.
13. Si l'expression « Parole de Dieu » a pour but de suggérer qu'il s'agit de la parole littérale de Dieu, alors l'art n'est pas la Parole de Dieu. Si l'expression « Parole de Dieu » a pour but de suggérer un moyen grâce auquel il est possible de découvrir une représentation de ce qui est éternel, et, en conséquence, d'acquérir une connaissance nouvelle, alors l'art est la Parole de Dieu.
14. Quand un artiste engage sa foi et organise les matériaux de façon à ce qu'ils aboutissent, pour les personnes qui sont à un niveau particulier de progression, à la création d'une représentation de ce qui est éternel, cet artiste s'engage dans une imitation de l'acte créateur divin. Chaque acte de cette nature fait ressembler davantage un individu à Dieu.
15. Ceux qui composent une Écriture organisent la matière de telle façon que cela crée quelque chose de nouveau - une représentation de ce qui est éternel dont l'expérience n'avait pas encore été faite auparavant. Toute Écriture, qui est création historique, a été composée de cette manière.
16. On peut choisir de regarder et comprendre l'art simplement pour la représentation qu'il procure de ce qui est éternel. On peut aussi essayer de le regarder en comprenant l'intention de l'artiste. Les deux conceptions sont sources de connaissance.
17. Il a été enseigné qu'il faut éviter l'idolâtrie.
18. L'idolâtrie est une attitude qui repose sur le choix personnel que l'on fait pendant un certain temps de se priver de connaissance nouvelle, en choisissant de privilégier un objet d'art ou un concept particulier pour leur consacrer une étude ou une dévotion exclusives.
19. Le fait de se concentrer sur un objet particulier, au sens propre ou figuré, pour l'étude et l'acquisition de connaissance peut être utile. Par contre, le fait de mettre une limite à l'acquisition de connaissance nouvelle n'est pas utile.
20. La décision de limiter son exposition à une connaissance nouvelle est une décision individuelle fondée sur la conception morale propre à chacun. Quand il est enseigné qu'il faut éviter l'idolâtrie, cela veut dire que nous devons juger individuellement nous-mêmes du moment où une telle limitation devient malsaine, et choisir de rechercher une connaissance nouvelle quand de semblables limitations ne nous sont plus profitables.
21. Il a été enseigné que l'Écriture contient des lois auxquelles les gens doivent obéir, et qu'elle doit être traitée avec respect.
22. Dieu ne se sert pas de l'art pour donner des lois aux hommes. Ce sont des personnes qui peuvent choisir d'en influencer d'autres au moyen de l'art qu'elles conçoivent, afin d'instituer des formes de contrôle sur les autres. Bien que de telles créations puissent remplir un rôle artistique, et qu'elles viennent de Dieu du fait que Dieu est présent en toutes choses, elles peuvent aussi susciter l'idolâtrie. La représentation de ce qui est éternel créée par l'art peut avoir un puissant impact.
23. Prenez garde de traiter l'art comme quelque chose créé de main d'homme. Ceux qui conçoivent l'art ne détiennent aucun droit ni pouvoir de déclarer que leur art est cautionné de façon exclusive par Dieu.
24. Votre perception de l'art et son interprétation peuvent avoir un puissant impact sur votre connaissance et votre compréhension de ce qui est éternel. Efforcez vous de gagner en sagesse en observant la manière dont votre conception change avec le temps et ce qu'est le rôle exact des créateurs artistiques.
25. Il a été enseigné que tel art est digne d'être qualifié d'Écriture, et qu'une telle qualification rend cet art supérieur aux autres formes d'art.
26. Dire d'un art qu'il a de l'importance pour les gens en fonction de leur niveau de progression est une qualification pertinente tant que cela ne devient pas de l'idolâtrie et ne commence pas à limiter leur progression. Une telle préférence pour une forme particulière peut s'appuyer sur la tradition, les références historiques, l'expérience collective, et la capacité individuelle à percevoir ce qui est éternel. Il appartient aux personnes de décider par elles-mêmes du moment où une telle qualification vient limiter leur acquisition de connaissance nouvelle, et de chercher à progresser continuellement sans permettre à telle ou telle qualification de bloquer cette acquisition.
27. Aux uns, certaines façons de considérer l'Écriture peuvent offrir une acquisition continuelle de connaissance pendant toute leur vie sans atteindre des niveaux d'idolâtrie. A d'autres, une Écriture peut ne pas offrir ce qui est nécessaire pour une représentation de ce qui est éternel, et il peut alors être nécessaire d'examiner toute autre Écriture, quelle qu'elle soit.
28. Toute Écriture et tout art sont créés par des personnes. Tout art est une expression de foi. Par conséquent, vous pouvez tout à fait en étudier et utiliser toutes les formes afin de percevoir ce qui est éternel et gagner en connaissance nouvelle. Choisissez de déterminer soigneusement ce qui est important pour vous et de le faire ainsi sans vous priver de toutes les autres formes d'organisation et de création artistiques qui vous sont accessibles.
29. Nous sommes faits pour avoir de la joie ; rechercher ce qui est éternel par imitation de l'acte créateur de Dieu procure davantage de joie en cette existence.

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